Rien, ces dates n’ont jamais existé dans notre calendrier !
« Il ne s’est strictement rien passé entre le 1er et le 12 janvier 1701, ni à Neuchâtel ni dans les cantons protestants de la Confédération helvétique. Et ceci pour la bonne raison que ces dates n’ont jamais existé dans notre calendrier. Voici pourquoi : constatant que l’équinoxe du printemps s’éloignait toujours davantage de la date du 21 mars, fixée par le Concile de Nicée (325) comme le début du printemps dont dépend la date de Pâques, les savants et les papes (très concernés par le maintien de Pâques au printemps) envisagent dès le 13e siècle de réaligner le calendrier civil sur la marche astronomique des planètes. Ce n’est pourtant qu’à la fin du 16e siècle que le pape Grégoire XIII décrète par la bulle Inter gravisssimas que le lendemain du 4 octobre 1582 sera le 15 octobre. (…) Le principal obstacle à la généralisation du calendrier grégorien réside dans les divisions confessionnelles de l’Europe d’alors. Il va de soi que les réformés refusent cette modification, pourtant rationnelle, avec la même fermeté que les catholiques l’acceptent. (…) Peu à peu pourtant, le calendrier grégorien devient la norme et les villes et cantons protestants de Suisse (sauf Saint-Gall, Appenzell, Glaris et les Grisons) décident à l’extrême fin du 17e siècle de s’aligner sur le reste du pays et de l’Europe occidentale. Comme la différence s’est encore accrue, ce sont onze jours qu’il faut désormais sauter. Le lendemain du vendredi 31 décembre 1700 fut donc le samedi 12 janvier 1701. »
La question du jour est réalisée en collaboration avec les Editions Attinger. La réponse provient de l’ouvrage de Jean-Pierre Jelmini, Neuchâtel 1011-2011, mille ans – mille questions – mille et une réponses, question 151.