La Serrière
« N’ayant pas à satisfaire les besoins en eau douce, auxquels pourvoyait le lac proche (et encore propre), et bénéficiant par ailleurs d’un débit moyen suffisamment constant pour accomplir cette fonction, elle a été entièrement dévolue à la fourniture d’énergie hydraulique aux nombreuses industries qui, depuis des siècles, se sont installées sur ses rives. Le village et la rivière doivent d’ailleurs leur nom (dérivé du latin serra, serraturas, scie, scieries) à ces industries primitives. Les premières d’entre elles, dès le 14e siècle, sont probablement des moulins et des scieries. On y trouve ensuite des forges, des rebattes (moulins à fruits et à céréales, mais aussi à charbon et à salpêtre), des pressoirs à huile, des foules de tanneurs et de drapiers, des polissoir-e-s et même un atelier monétaire dont les laminoirs et le balancier étaient mus par la force hydraulique. On considère que vers 1840, soit au cœur de la deuxième révolution industrielle, le bref cours de la Serrière faisait tourner trente-neuf installations industrielles, soit plus d’une tous les vingt mètres. »
La question du jour est réalisée en collaboration avec les Editions Attinger. La réponse provient de l’ouvrage de Jean-Pierre Jelmini, Neuchâtel 1011-2011, mille ans – mille questions – mille et une réponses, question 885.