En 1686, Jean-Frédéric Ostervald (1663-1747) est nommé au poste de diacre de Neuchâtel. Il y mène un ministère rénovateur, s’ouvrant au rationalisme des Lumières sans renier le passé réformé. Il apporte quelques modifications à la liturgie et renouvelle l’instruction religieuse. En 1744, il publie une nouvelle édition de la Bible qui connaît une large diffusion et sert longtemps de référence dans le monde protestant.
La Sainte Bible qui contient le vieux et le nouveau testament (…) avec les argumens et réflexions sur les Chapitres de l’Ecriture Sainte et des Notes par J. F. Ostervald est publiée en format in-folio, agrémentée de plusieurs grandes planches en taille-douce. Le frontispice est composé d’un portrait d’Ostervald gravé par Schmidt d’après un dessin de J.P. Henchoz. L’établissement du texte s’est basé sur la Bible de Genève éditée en 1724 dont Ostervald a modernisé le langage, l’adaptant à l’évolution de la langue du XVIIe siècle. L’ouvrage est tiré à 3000 exemplaires et connaît un succès rapide.
Le ministère de Jean-Frédéric Ostervald marque une période faste dans l’histoire de la réforme neuchâteloise. Le renouveau théologique qu’il conduit, adaptant la doctrine à son temps, et son envergure pastorale font de Neuchâtel un centre de diffusion intellectuelle important. Son édition de la Bible en est un exemple marquant. A cet égard, Ostervald sera appelé plus tard « le second réformateur », signifiant ainsi son rôle décisif pour la Réforme depuis Guillaume Farel.
L’édition neuchâteloise au siècle des Lumières : la Société typographique de Neuchâtel (1769-1789), recueil d’études publié par Michel Schlup, Hauterive : Gilles Attinger, 2004, pp. 45-48.
Histoire du Pays de Neuchâtel, tome II, Hauterive : Ed. Gilles Attinger, 1991, pp. 312-315.
Von Allmen, Jean-Jacques, L’Eglise et ses fonctions d’après Jean-Frédéric Ostervald, le problème de la théologie pratique au début du XVIIIe siècle, Neuchâtel : Delachaux et Niestlé, 1947.